Et si la traite des êtres humains se cachait dans votre dossier de mineur? Reconnaître, qualifier et protéger

Formation exclusivement destinée aux juges.
Lieu : online
Quand : 16/10/2026 et 23/10 (toute la journée ; possibilité de choisir un jour).

 

Gratuit

16/10/2026

Session 1 avec Myria : les mineurs victimes de la traite des êtres humains et du trafic de migrants en Belgique, un aperçu (NDL- slides FR) (9.15-10u)

Myria a récemment publié une première cartographie des données chiffrées relatives aux mineurs victimes de la traite des êtres humains et du trafic de migrants. Au cours de cette session, nous reviendrons brièvement sur les missions légales de Myria, avant de présenter les objectifs et les principales conclusions du rapport. À l’aide de chiffres et d’exemples concrets, nous aborderons notamment le lien entre les disparitions de mineurs non accompagnés, leur séjour dans des structures d’accueil pour mineurs et les risques d’exploitation. Nous examinerons également les différents profils des victimes et leur évolution au fil du temps.

Enfin, cette session se concentre sur les défis liés à la détection, à l’orientation et à l’accompagnement des mineurs victimes, tels que l’insuffisance de l’échange d’informations, le risque de percevoir les victimes comme des auteurs dans les cas de criminalité forcée, les fugues, les difficultés de transition vers l’aide à la jeunesse ordinaire et le recours limité à la procédure de protection spéciale. Les recommandations issues du rapport concernant ces défis seront également abordées.

!Session en néerlandais, slides en français. Presentatie in het Nederlands, slides in het Frans.

Session 2 avec PAG-ASA: Comment reconnaître les signes d’exploitation et comment accompagner les victimes (FR) (10u15-12U15)

La traite des êtres humains et le trafic des êtres humains sont des phénomènes qui existent de tout temps. Tout le monde peut être victime, indépendamment de l’âge, du sexe, de la nationalité ou du statut de séjour.

La législation belge prévoit pour les victimes une procédure de protection ainsi qu’un accompagnement par des centres spécialisés. Cette formation propose de mieux comprendre ces deux phénomènes, leurs différentes formes et les signes permettant de les identifier.

À l’aide de cas concrets, nous expliquerons ensuite ce que recouvre concrètement la procédure de protection et comment les centres spécialisés interviennent. Nous aborderons tant l’accompagnement et la protection des victimes que la collaboration avec les instances concernées.

Session 3 avec Jean-Pierre Jacques : identifier et évaluer correctement la traite des êtres humains – le rôle essentiel du magistrat dans l’identification des victimes, les poursuites et leur protection (FR) (13.15-14.30)

Lors de cette formation, l’accent sera donné sur l’importance de l’identification des victimes et les mécanismes d’emprise des exploitants sur les victimes. La formation sera fondée sur l’expérience de Me Jacques en tant qu’avocat de victimes depuis plus de 25 ans. Seront ainsi abordés les nouvelles formes d’exploitation et d’abus, le risque d’une mauvaise qualification d’une victime ayant participé à l’exploitation ou au trafic, l’incidence du rapport du parquet ou de l’auditorat sur la procédure en renouvellement du titre de séjour, la vulnérabilité aggravées des victimes en état de dépendance psychologique ou de faiblesse caractérisée ainsi que l’hypothèse de la victime auteur de faits constitutifs d’une atteinte à l’ordre public. La formation examinera également les contours du « non punishment principle » (non sanction des victimes) et l’inopérance du consentement de la victime aux infractions.

La question de la coopération de la victime à l’enquête pénale et les limites des déclarations recueillies par les services de police feront l’objet d’un point d’attention également. Enfin, de nombreuses victimes passent à travers les mailles du filet de la justice et d’une protection efficace : il conviendra de s’interroger sur les raisons de ce « filtrage » qui n’amène qu’un nombre limité de dossiers dans l’entonnoir judiciaire. L’expérience de nombreux dossiers démontrent que l’enquête judiciaire se concentre sur certains éléments matériels de l’infraction en omettant d’avoir recours aux outils juridiques nationaux et transnationaux permettant par exemple des saisies.

L’exposé loin d’être ex cathedra sera illustré de cas pratiques et de mises en situation afin de faciliter les échanges et le temps pour des questions/réponses.

Jean-Pierre JACQUES est avocat au Barreau de Liège-Huy (Belgique) depuis 1999 et du Barreau du Rwanda depuis avril 2015. Passionné par le droit international, il enseigne à l’HELMo à Liège depuis 2001 et à l’UMons depuis 2017 le droit international humanitaire, le droit européen. Il est, depuis 2016, expert au sein du réseau d’avocats pour la défense des victimes de la traite des êtres humains auprès du Conseil de l’Europe et au sein du Comité «accès à la justice » du CCBE depuis 2015.

Il est l’auteur de différents articles scientifiques dont les plus récents traitent de la double victimisation des personnes étrangères victimes de violences conjugales en Belgique, de l’accès à la justice (CUP, mai 2017), « Les obligations positives à charge des États en matière de traite des êtres humains au regard de l’article 4 de la Convention européenne des droits de l’homme », Cahiers de l’EDEM, décembre 2024, « Commentaire de l’arrêt X c. Etat belge du 2 septembre 2021, C-930/19 », La Tribune européenne n° 14 et « La lutte contre le dérèglement climatique est plus que jamais un combat judiciaire », La Tribune européenne n° 9.

Site web : www.s-law.be

Session 4 avec Ann Lukowiak (Parquet fédéral) : les schémas criminels de la traite des êtres humains et le rôle des victimes dans ce contexte (15 h – 17 h) (FR)

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23/10/2026

Session 1 avec Défense des Enfants International : Qu’est-ce que la justice adaptée aux enfants ? (9.30-12.30) (FR)

La notion de “justice adaptée aux enfants” s’est peu à peu imposée ces dernières années pour questionner la place réservée aux enfants dans nos systèmes de justice, le manque d’adaptation de ces systèmes aux droits, besoins et capacités de l’enfant. Un besoin de réformer la justice pour mettre l’enfant au centre des préoccupations s’est de plus en plus fait sentir. Dans le même temps, les enfants doivent bénéficier d’un soutien et d’un accompagnement qui prennent beaucoup mieux en compte de leur situation particulière, à la fois leur besoin de bénéficier d’une protection face à un système souvent vécu comme violent ou retraumatisant, mais également leur droit à être entendu, à participer activement aux procédures qui les concernent.

Selon le Conseil de l’Europe, qui a développé des lignes directrices sur le sujet, par « justice adaptée aux enfants » il faut entendre des systèmes judiciaires garantissant le respect et la mise en oeuvre effective de tous les droits de l’enfant au niveau le plus élevé possible, (…) en prenant dûment en considération le niveau de maturité et de compréhension de l’enfant, et les circonstances de l’espèce. Il s’agit, en particulier, d’une justice accessible, convenant à l’âge de l’enfant, rapide, diligente, adaptée aux besoins et aux droits de l’enfant, et axée sur ceux-ci, et respectueuse des droits de l’enfant, notamment du droit à des garanties procédurales, du droit de participer à la procédure et de la comprendre, du droit au respect de la vie privée et familiale, ainsi que du droit à l’intégrité et à la dignité.
Tout récemment, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, qui est garant de la mise en œuvre de la Convention des droits de l’enfant au niveau mondial, a adopté son Observation générale n°27 sur le droit de l’enfant à l’accès à la justice et à des recours effectifs.
La session visera à analyser ces textes pour voir comment les droits des enfants, en particulier victimes ou témoins, devraient être mieux respectés dans les procédures les concernant. L’exposé visera à rappeler les principes et analyser de manière interactive les progrès qu’il nous faut encore accomplir pour donner une réelle place à l’enfant, comme acteur dans une procédure plus respectueuse de tous ses droits.
Benoit Van Keirsbilck est le Directeur de l’ONG Défense des enfants international Belgique et Président du Réseau Européen sur une justice adaptée aux enfants. Il est également membre du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies.

Session 2 avec Lina Vosyliūtė et Dr. Jennifer Allsopp: Une approche informée par le traumatisme et le bien-être des juristes : Opérationnaliser les meilleures pratiques tout en atténuant le traumatisme secondaire et le préjudice moral (13.30-15.30) (FR)

Ce module de formation appliquée de deux heures fournit aux professionnels du droit un cadre fondé sur des données probantes pour intégrer les principes informés par le traumatisme dans la représentation juridique, tout en atténuant les risques professionnels systémiques tels que le traumatisme secondaire, l’épuisement professionnel (burnout) et le préjudice moral. Les juristes intervenant dans les domaines de l’asile et des droits fondamentaux évoluent dans des contextes administratifs restrictifs, témoignant de la détresse aiguë de leurs clients et d’injustices procédurales sans disposer du levier systémique pour les modifier.

Lina Vosyliūtė (Chercheuse associée senior,Centre pour la migration, la diversité et la justice, BSoG-VUB ; Fondatrice, Heartwarmingly) et Dr. Jennifer Allsopp (professeure associée au département de sociologie de l’Université de Birmingham).

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Jean-Pierre JACQUES
(avocat au Barreau de Liège-Huy (Belgique))

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